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Au
départ comme souvent, c’est une rencontre ?
L’association
Lumen a effectivement débuté avec la connaissance de Malik Nejmi, qui
désirait fonder une association. Nous nous sommes rapprochés de deux
autres personnes qui avaient le même projet. Très vite celui-ci
s’est imposé. Le but de l’association était de se rencontrer car,
en général, les photographes en France travaillent seuls. Les
groupements ne sont pas chose commune contrairement à l’Allemagne où
l’on se réunit pour des échanges techniques, des discussions.
Nous
nous sommes faits connaître en organisant des accrochages éphémères
d’un soir ou d’une journée dans des salles de concerts ou lors de
festivals musicaux. Nous voulions retrouver à égalité les notions de
public, de ville et de photographie dans des expositions hors des lieux
dédiés. Nous avons décidé de travailler avec les commerçants, en
essayant de privilégier un parcours de rues qui soit lisible. La
majorité des photographes qui ont participé à L’émoi de la photo
1999 sont de jeunes praticiens qui se battent pour que la photographie
soit un métier décent pour eux. Mais la programmation comptait également
des personnes comme Armand Vial, qui est un artiste confirmé.
Quel
bilan tirer de la première édition ?
En
ce qui concerne la réception du public, les étudiants nous ont donné
un bon retour, mais il reste difficile de connaître l’opinion du
« grand » public. Nous savons néanmoins que cela a permis
à des gens de s’interroger sur le pourquoi de ces clichés dans les
vitrines. Les commerçants ont perçu un intérêt manifesté par le
public. Des centres de loisirs sont venus faire le parcours.
Manifestement, le bouche à oreille a fonctionné, et beaucoup ont joué
le jeu de l’itinéraire et l’ont apprécié.
Même
si c’est une manifestation hors des lieux officiels, il était
essentiel que l’exposition soit d’une qualité de galerie. L’année
dernière, nous avions contacté les participants en urgence, et cela a
parfois posé le problème de la pertinence de l’accrochage. Quant aux
commerçants, certains se sont investis totalement. D’autres ont détourné
les photos à leur profit, dont certains avec la meilleure volonté du
monde. D’où une confusion entre le travail exposé et le lieu qui le
présente. On est arrivé à des situations « décoratives »
dans certains cas. Pour la prochaine édition nous serons amené à définir
un dispositif plus précis pour mieux sélectionner les lieux
d’accueil.
Quel
est le contenu de vos projets pour 2000 ?
Nous
avons pour ambition de ne pas en rester à Orléans, d’essayer
d’ouvrir la manifestation à d’autres villes de la région. Bien entendu, nous devons travailler en
amont pour trouver les locaux dans ces villes. Aussi, nous pensons
entrer en relation avec des lieux publics tels que médiathèques,
centres dramatiques, musicaux, chorégraphiques, ou encore des cinémas.
Des lieux de passages qui ne se résument pas à la tenue
d’expositions, avec pourquoi pas des manifestations associées comme
un cycle de projection de films sur la photographie. Une sorte de
position médiane en quelque sorte, autorisant la venue d’artistes déjà
reconnus. L’objectif est d’instaurer un effet d’entraînement grâce,
entre autres, à leur participation.
Vous
parliez tout à l’heure des situations différentes de la photographie
dans d’autres pays. Est-ce un élément qui entre en ligne de compte
pour Lumen ?
Nous
pensons établir des contacts avec des photographes extérieurs à la scène
française. Cela doit faire l’objet d’une recherche de nouveaux
partenaires. Une photographe roumaine qui travaille à Orléans, Géraldine
Aresteanu, a de multiples connaissances en Roumanie, et serait prête à
s’investir sur les liens entre nos deux pays. La situation pour les
photographes dans ce pays étant rendue difficile à cause du manque de
diffusion, de moyens de productions et de communication, la culture
photographique reste embryonnaire. D’où notre intérêt à être en
liaison avec ces pays où la photographie a un statut confidentiel.
Actuellement,
Géraldine fait un reportage sur les mineurs en Roumanie, et rapportera
un résultat qui va créer l’échange entre nous, en dehors de toute
actualité de programmation. Une sorte de vie permanente où chacun
prend et donne de son temps et de ses observations. Nous en arrivons au
désir de fonctionner un peu comme une agence, en dehors des expositions
comme L’émoi de la photo.
Vous
avez des liens particuliers avec des structures qui travaillent dans
d’autres disciplines. Quel est le sens de cette mise en commun de vos
activités ?
Des
échanges entre différentes associations est née l’idée de créer
un espace culturel, qui regroupera six associations : L’Oreille -
fanzine consacrée aux musiques actuelles, Mix’Art - pratique des arts
plastiques, Lobe Scène - organisation de concerts, le Fraca - fédération
d’autres associations musicales dans la région, et Radio Campus de
l’université d’Orléans. Cet espace culturel, appelé Ultimedia, et
qui comportera un espace multimédia autour des nouvelles technologies,
doit offrir une palette large et ouverte. Ensemble, nous utiliserons les
différents supports que prend l’information et la diffusion de
l’activité culturelle. Lumen s’oriente quant à elle vers la
possibilité de donner des cours de photographie, sur la base d’une
offre de formation à vocation professionnelle. Afin
que chacune des associations puisse mener à bien sa mission dans un
ensemble qui la dépasse, nous menons une réflexion sur la manière
dont on peut mélanger les pratiques et les publics. C’est un
rassemblement d’initiatives qui sont pensées comme complémentaires.
Hormis les ateliers Oulan Bator qui regroupe des artistes plasticiens
dans des ateliers où chacun mène sa propre démarche, ce sera en
quelque sorte une première à Orléans.
Propos recueillis par Gunther LUDWIG
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